Introduction
Dans beaucoup d’exploitations, l’alimentation représente facilement 50 à 60 % des charges d’élevage. C’est colossal. Et avec les fluctuations de prix qu’on observe depuis quelques années, de plus en plus d’éleveurs se posent la question : et si je fabriquais mes propres granulés ?
La fabrication d’aliments à la ferme (ce qu’on appelle couramment la FAF) n’est pas une mode. C’est une démarche concrète qui permet de reprendre la main sur ses coûts, de valoriser ce qu’on produit localement, et de gagner en autonomie. Certains éleveurs constatent des économies qui vont jusqu’à 30 % sur leur poste alimentation. Autant dire que ça change pas mal la donne.
Mais attention, on ne se lance pas dans la production de granulés pour bétail à la légère. Il y a du matériel à acquérir, des formules à maîtriser, des investissements à calibrer. Ce guide est là pour vous accompagner, pas à pas, dans cette réflexion et dans ce projet.

Pourquoi Fabriquer ses Granulés pour Bétail à la Ferme ?
La question mérite d’être posée franchement : pourquoi investir dans une presse à granulés et un système de fabrication, alors qu’on peut simplement commander ses aliments chez le fournisseur habituel ?
La réponse, elle est multiple. D’abord, il y a l’aspect économique, évidemment. Mais pas seulement. On parle aussi d’indépendance, de qualité, de traçabilité, et même de valorisation de certaines cultures qu’on ne savait pas forcément bien utiliser avant.
Prenons un exemple concret : une exploitation laitière en Bretagne qui cultive du triticale et du pois fourrager. Plutôt que de vendre ces cultures à bas prix et de racheter de l’aliment industriel, l’éleveur a investi dans une fabrique d’aliments à la ferme. Résultat : il valorise mieux ses productions, réduit sa facture d’alimentation de près de 25 %, et maîtrise exactement ce qui entre dans la ration de ses vaches. C’est ce qu’on appelle un cercle vertueux.
Les Économies Réalisées avec la Fabrication Maison
On ne va pas se mentir : c’est souvent l’argument numéro un. Fabriquer ses granulés coûte moins cher que de les acheter tout prêts. Mais encore faut-il savoir où se situe l’économie réelle.
En gros, quand vous achetez de l’aliment industriel, vous payez : les matières premières, bien sûr, mais aussi la transformation, le conditionnement, le transport, la marge du fabricant, celle du distributeur… Tout ça s’additionne vite. En produisant à la ferme, vous supprimez une bonne partie de ces intermédiaires.
Dans la pratique, on observe souvent qu’un kilo de granulés fabriqué à la ferme revient entre 0,15 € et 0,25 € selon les matières premières utilisées, là où l’aliment du commerce tourne plutôt autour de 0,30 € à 0,40 € le kilo. Sur une exploitation de taille moyenne, ça représente plusieurs milliers d’euros par an.
Mais attention, ces économies ne sont réelles que si l’investissement de départ est bien dimensionné et si vous avez accès à des matières premières de qualité à prix raisonnable. Certains éleveurs font l’erreur d’acheter une presse à granulés surdimensionnée pour leurs besoins, et l’amortissement devient alors beaucoup plus compliqué.

L’Autonomie Alimentaire : Un Atout pour Votre Élevage
L’autonomie, c’est autre chose que l’économie. C’est une forme de sécurité. Quand vous fabriquez vos granulés pour bétail, vous ne dépendez plus des délais de livraison, des ruptures de stock, ou des hausses brutales de prix.
On l’a bien vu pendant certaines crises : les éleveurs qui avaient leur propre système de fabrication à la ferme ont traversé les périodes tendues avec beaucoup plus de sérénité. Pas de panique si le fournisseur annonce une rupture ou une augmentation de 15 % du jour au lendemain.
Il y a aussi un aspect qualitatif. En maîtrisant la formule et la composition, vous adaptez l’aliment précisément aux besoins de votre troupeau. Certains éleveurs ajustent leurs recettes en fonction du stade physiologique des animaux, de la saison, ou des fourrages disponibles. Cette souplesse, vous ne l’avez pas avec un aliment standard acheté en sac.
Granulés vs Aliment Broyé : Quel Choix pour Votre Exploitation ?
Avant de foncer tête baissée sur une presse à granulés, il faut se poser une question : est-ce que la forme granulée est vraiment indispensable pour mon élevage, ou est-ce qu’un aliment broyé (mélangé mais non compacté) pourrait suffire ?
La différence n’est pas anodine. L’aliment broyé, c’est beaucoup plus simple à produire : un broyeur, un mélangeur, et c’est parti. Moins d’investissement, moins de technicité. Par contre, il se conserve moins bien, peut poser des problèmes de tri par les animaux (surtout les volailles), et génère plus de poussière.
Les granulés, eux, demandent une étape supplémentaire : la compression dans une presse à granulés. C’est plus d’équipement, plus de coût énergétique, mais aussi une meilleure appétence, une meilleure conservation, et une distribution plus facile. Pour les bovins, certains éleveurs trouvent que l’aliment broyé fait très bien l’affaire. Pour les porcs et les volailles, les granulés sont souvent plus adaptés.
Dans les faits, le choix dépend de votre type d’élevage, de votre cheptel, et de vos objectifs. Certaines exploitations commencent d’ailleurs avec un système de fabrication d’aliment broyé, puis passent aux granulés quelques années plus tard, une fois que le système est bien rôdé.
Le Matériel Nécessaire pour Produire ses Granulés
Bon, on rentre dans le concret. Parce que fabriquer ses granulés, ça ne se fait pas avec une brouette et une pelle. Il faut du matériel, et il faut qu’il soit adapté à votre situation. Trop petit, vous allez perdre du temps et de l’énergie. Trop gros, vous allez exploser votre budget pour rien.
Le système complet, en général, se compose de trois éléments principaux : un broyeur, un mélangeur, et une presse à granulés. À cela, on peut ajouter un système de stockage des matières premières et un élévateur ou vis sans fin pour faciliter la manutention. Certains éleveurs rajoutent aussi un ensacheur si la distribution se fait en sacs, mais ce n’est pas obligatoire si vous distribuez en vrac.
L’investissement total, on y reviendra plus tard, mais pour vous donner une idée, comptez entre 15 000 € et 50 000 € selon la taille de votre exploitation et le niveau d’automatisation que vous visez. Ça fait une fourchette large, mais c’est justement pour ça qu’il faut bien réfléchir à vos besoins réels avant d’acheter.
Choisir sa Presse à Granulés : Capacité et Performance

C’est le cœur du système. La presse à granulés, c’est elle qui transforme votre mélange broyé en petits cylindres compacts et faciles à distribuer. Mais toutes les presses ne se valent pas, et surtout, toutes ne conviennent pas à tous les élevages.
Le premier critère, c’est la capacité de production. On parle généralement en kilos par heure. Une petite presse à plat peut produire entre 80 et 150 kg/h, ce qui suffit largement pour un élevage de volailles ou un petit troupeau de bovins. Une presse à matrice annulaire, elle, monte facilement à 300, 500, voire 1000 kg/h pour les gros volumes. Mais attention, une grosse capacité signifie aussi une grosse consommation électrique et un moteur plus puissant.
Ensuite, il y a le type de matrice. Pour faire simple : les presses à matrice plate sont plus simples, plus robustes, mais moins productives. Les presses à matrice annulaire sont plus performantes, mais demandent un peu plus d’entretien et coûtent souvent plus cher. Pour un éleveur qui démarre en FAF, la matrice plate est souvent un bon compromis.
Un autre point important : l’épaisseur de la matrice. Ça influence directement la dureté et la taille de vos granulés. Pour des bovins, on peut partir sur du 6 à 8 mm de diamètre. Pour de la volaille, on descend plutôt vers du 3 à 4 mm. Certains modèles permettent de changer la matrice facilement, ce qui est un vrai plus si vous élevez plusieurs types d’animaux.
Dans la pratique, on croise beaucoup d’éleveurs qui démarrent avec une presse d’occasion qu’ils ont payée 7 000 à 10 000 €, et qui tournent très bien pendant des années avec un entretien correct.
Broyeur et Mélangeur : Les Équipements Complémentaires
Sans broyeur, pas de granulés. Parce que pour passer dans la presse, vos matières premières (céréales, tourteaux, minéraux…) doivent être réduites en farine ou en mouture fine. Un broyeur à marteaux fait généralement très bien l’affaire. Il existe des modèles adaptés aux petites structures (3 à 5 kW) et d’autres plus costauds pour les gros volumes.
Certains éleveurs intègrent directement le broyeur dans leur circuit de fabrication : les céréales passent d’un silo au broyeur, puis au mélangeur, et enfin à la presse. Tout est automatisé, ou presque. D’autres préfèrent broyer en amont, stocker la farine, et mélanger au fur et à mesure. C’est moins fluide, mais ça permet de mieux contrôler chaque étape.
Le mélangeur, lui, c’est ce qui garantit l’homogénéité de votre recette. Si vos ingrédients ne sont pas bien mélangés, vous allez vous retrouver avec des granulés déséquilibrés. Les animaux, eux, ils ne vont pas faire la fine bouche sur un lot et se gaver du suivant : ils vont tout manger, mais les performances ne suivront pas.
Il existe deux grandes familles de mélangeurs : les mélangeurs horizontaux (à vis ou à rubans) et les mélangeurs verticaux. Les horizontaux sont plus courants en FAF, parce qu’ils sont efficaces et permettent de bien incorporer les minéraux et additifs en faible quantité. Comptez entre 2 000 et 8 000 € selon la contenance (de 200 à 1500 litres).
Matériel d’Occasion : Opportunités et Précautions
Beaucoup d’éleveurs se lancent avec du matériel d’occasion. Et c’est tout à fait logique : ça divise facilement l’investissement de départ par deux, voire par trois. Mais encore faut-il acheter malin.
Sur les sites spécialisés ou dans les ventes agricoles, on trouve régulièrement des presses à granulés d’occasion entre 5 000 et 15 000 €. Parfois, ce sont des éleveurs qui ont arrêté la FAF, ou qui sont passés à un modèle plus performant. Le matériel peut être en excellent état. Mais parfois, on tombe aussi sur des machines qui ont beaucoup tourné, mal entretenues, avec des pièces d’usure à changer rapidement.
Quelques précautions de bon sens : toujours essayer la machine avant d’acheter. Si possible, demandez à voir la presse en fonctionnement. Vérifiez l’état des matrices, des rouleaux, des roulements. Regardez si les pièces détachées sont encore disponibles chez le fabricant. Certaines marques ont disparu, et trouver une courroie ou une matrice devient un parcours du combattant.
Pour le broyeur et le mélangeur, c’est un peu la même chose. Un broyeur bien entretenu peut durer 15 ou 20 ans sans problème. Un mélangeur, c’est encore plus simple : tant que la cuve est saine et que le moteur tourne, il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas.
Un dernier conseil : avant d’acheter d’occasion, faites le tour des concessionnaires. Parfois, vous trouverez du matériel de démonstration ou des fins de série avec une garantie, pour un prix pas beaucoup plus élevé que l’occasion. Et psychologiquement, c’est quand même plus rassurant pour démarrer.

Formules et Recettes d’Aliments pour Bétail
Avoir le matériel, c’est une chose. Savoir quoi mettre dedans, c’en est une autre. Parce qu’on ne fabrique pas des granulés au hasard. Il faut que la ration soit équilibrée, adaptée au type d’animal, à son stade physiologique, et à vos objectifs de production.
Rassurez-vous : pas besoin d’être ingénieur agronome pour formuler un aliment. Mais il faut un minimum de méthode, quelques bases en nutrition animale, et surtout, il faut tester, ajuster, observer. Les meilleurs formules, ce sont souvent celles qu’on affine au fil du temps, en fonction de ce qu’on remarque sur le terrain.
Pour commencer, vous pouvez vous appuyer sur des formules types qu’on trouve facilement auprès des chambres d’agriculture, des coopératives, ou même sur certains forums d’éleveurs. Ensuite, vous adaptez en fonction de vos matières premières disponibles et des performances que vous observez.
Formulation pour Bovins : Composition et Dosages
Pour les bovins, la base de l’aliment, c’est souvent une céréale : orge, blé, triticale, maïs. Ça apporte l’énergie. Ensuite, on ajoute une source de protéines : tourteau de soja, tourteau de colza, pois, féverole… Et puis des minéraux et vitamines, parce qu’une ration déséquilibrée, ça se paie cash en production ou en santé.
Prenons un exemple de formule simple pour des vaches laitières en production :
- 50 % de maïs grain
- 20 % de tourteau de soja
- 15 % d’orge
- 10 % de pulpe de betterave
- 5 % de minéraux vitaminés (CMV)
Ce type de formule permet d’obtenir un aliment concentré autour de 16-17 % de protéines, ce qui convient bien pour des vaches en lactation. Bien sûr, tout dépend aussi de ce qu’elles mangent à côté : fourrages, ensilage, herbe… L’aliment granulé vient compléter, pas remplacer.
Pour des bovins à l’engraissement, on peut augmenter la part énergétique (plus de maïs, moins de tourteau), et descendre un peu sur les protéines. Pour des génisses en croissance, on rééquilibre autrement. Vous voyez l’idée : chaque situation demande un ajustement.
Un conseil qu’on entend souvent chez les éleveurs expérimentés : ne changez pas de formule toutes les semaines. Laissez le temps aux animaux de s’habituer, et observez les résultats sur au moins un mois avant de modifier quoi que ce soit.

Aliments pour Volailles et Porcs : Spécificités Nutritionnelles
Les volailles et les porcs, c’est une autre paire de manches. Ces animaux sont beaucoup plus exigeants en termes de qualité et d’équilibre nutritionnel. Une petite erreur de dosage, et vous le voyez tout de suite sur la croissance ou sur la ponte.
Pour les poules pondeuses, par exemple, il faut un aliment riche en calcium (pour la coquille), avec un bon taux de protéines (autour de 16-18 %), et une énergie bien dosée. Une formule classique pourrait ressembler à ça :
- 40 % de maïs
- 25 % de blé
- 20 % de tourteau de soja
- 10 % de carbonate de calcium (coquilles d’huîtres broyées)
- 5 % de CMV spécial pondeuses
Pour des poulets de chair, on va plutôt chercher une formule hyper énergétique, avec plus de maïs et de soja, et moins de fibres. Le calcium, par contre, on le réduit.
Côté porcs, la logique est similaire : une base céréalière (blé, orge), des protéines (soja, pois), et surtout une complémentation minérale et vitaminique irréprochable. Les porcs en croissance ont besoin de 16 à 18 % de protéines, alors que les truies gestantes se contentent de 12-14 %.
Ce qui est important à comprendre, c’est qu’en volaille et en porc, vous n’avez pas le droit à l’à-peu-près. Il vaut mieux suivre une formule éprouvée et ajuster très progressivement, plutôt que de partir dans l’improvisation totale.
Combien Coûte la Production de Granulés à la Ferme ?
Bon, on arrive au nerf de la guerre : l’argent. Parce que fabriquer ses granulés, oui, c’est une belle idée sur le papier. Mais encore faut-il que ça tienne la route financièrement. Sinon, autant rester sur l’aliment du commerce et dormir tranquille.
La bonne nouvelle, c’est que dans la majorité des cas, l’investissement se rentabilise. Mais ça dépend évidemment de la taille de votre cheptel, du prix auquel vous achetez vos matières premières, et du matériel que vous choisissez. Un éleveur avec 30 vaches ne va pas amortir sa presse aussi vite qu’un autre qui en a 150.
D’ailleurs, certains se lancent à plusieurs, en CUMA par exemple. Ça permet de mutualiser les coûts et de partager l’équipement. On voit de plus en plus ce genre de montage, surtout dans les zones où les exploitations sont de taille moyenne.
Investissement Initial : Budget pour Démarrer
Concrètement, si vous partez de zéro, comptez entre 15 000 et 40 000 € pour une installation complète. Ça comprend la presse, le broyeur, le mélangeur, et quelques accessoires (trémies, vis, élévateur…).
Pour une petite structure (élevage de volailles, petit troupeau bovin), une presse à plat d’occasion à 8 000 €, un broyeur d’occasion à 2 500 €, et un mélangeur à 3 000 € peuvent largement suffire. Total : environ 13 500 €. Ajoutez 2 000 € pour les frais annexes, et vous êtes dans les clous.
Pour une exploitation plus importante, avec un besoin de production de 500 kg/h ou plus, on va plutôt partir sur une presse à granulés alimentaire neuve à matrice annulaire (20 000 à 30 000 €), un broyeur costaud (5 000 €), et un mélangeur de bonne capacité (6 000 €). Là, on monte facilement à 35 000 – 40 000 €.
Certains éleveurs rajoutent aussi un système de stockage pour les matières premières, ou un ensacheur automatique. Mais ce n’est pas indispensable au démarrage. L’idée, c’est de commencer simple, et d’ajouter au fur et à mesure si le besoin se fait sentir.

Calculer Votre Retour sur Investissement
Le calcul du ROI, c’est assez simple en théorie. Vous prenez l’économie annuelle réalisée sur l’aliment, et vous divisez l’investissement de départ par cette somme. Ça vous donne le nombre d’années nécessaires pour rentabiliser.
Prenons un exemple concret. Un éleveur laitier avec 60 vaches distribue environ 12 tonnes d’aliment concentré par an. En achetant tout prêt, ça lui coûte 0,35 € le kilo, soit 4 200 € par an. En fabriquant lui-même, il tombe à 0,22 € le kilo, soit 2 640 €. Économie annuelle : 1 560 €.
S’il investit 18 000 € dans son matériel, il met environ 11 ans à rentabiliser. C’est long. Par contre, s’il double son cheptel ou s’il utilise aussi la presse pour d’autres ateliers (volailles, porcs…), le calcul change du tout au tout. Il peut descendre à 4 ou 5 ans, ce qui devient vraiment intéressant.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’au-delà des chiffres bruts, il y a aussi la sécurité d’approvisionnement, la maîtrise de la qualité, et la valorisation de vos cultures. Ça, on ne le met pas toujours dans un tableur Excel, mais ça compte énormément sur le terrain.
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Témoignages d’Éleveurs en Autonomie Alimentaire
Rien ne vaut un retour d’expérience concret. Parce qu’entre la théorie et la réalité du quotidien, il y a parfois un écart. Voici deux cas d’éleveurs qui se sont lancés dans la FAF, avec leurs chiffres, leurs galères, et leurs satisfactions.
Cas Pratique : Élevage Bovin de 80 Têtes
Jean-Marc élève 80 vaches allaitantes en Auvergne. Il y a quatre ans, il a investi dans une presse à granulés d’occasion (9 500 €), un broyeur neuf (4 200 €), et un mélangeur récupéré chez un voisin qui arrêtait (1 500 €). Total : 15 200 €.
Avant, il achetait environ 18 tonnes d’aliment par an pour compléter ses fourrages, à 350 € la tonne. Facture annuelle : 6 300 €. Aujourd’hui, il produit lui-même ses granulés à base de triticale, d’orge, et de tourteau de colza. Son coût de revient tourne autour de 210 € la tonne, soit 3 780 € par an.
Économie annuelle : 2 520 €. Il a donc rentabilisé son investissement en 6 ans. Mais ce qu’il retient surtout, c’est la tranquillité d’esprit. « Je ne dépends plus des délais de livraison. Et je sais exactement ce que mes bêtes mangent. »
Seul bémol : l’entretien de la presse. La première année, il a cassé deux matrices parce qu’il n’avait pas bien réglé l’humidité du mélange. Depuis, il fait attention, et tout roule.
Retour d’Expérience : FAF Mobile en Polyculture-Élevage
Sophie et Thomas, eux, ont monté une fabrique d’aliments mobile avec deux autres éleveurs voisins. Chacun cotise 250 € par mois, et ils se partagent l’utilisation du matériel : une presse à granulés sur prise de force de tracteur, un broyeur, et un mélangeur embarqués sur une remorque.
Le système tourne un jour par semaine chez chacun. Sophie, qui élève des porcs et des poulets, fabrique environ 30 tonnes par an. Avant, elle achetait son aliment à 380 € la tonne. Maintenant, elle le produit à 240 € la tonne. Sur l’année, ça lui fait 4 200 € d’économie, pour une participation de 3 000 €. Bilan : 1 200 € dans la poche, sans compter l’autonomie gagnée.
Ce qu’elle apprécie par-dessus tout ? La flexibilité. « Je peux ajuster mes formules en fonction de ce que j’ai sous la main. Si j’ai du pois cette année, je l’intègre. Si c’est de la féverole, pareil. On s’adapte. »
Le seul point délicat, c’est la coordination entre les quatre exploitations. Il faut s’organiser, respecter les créneaux, et entretenir le matériel ensemble. Mais au final, tout le monde y trouve son compte.
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Voilà, vous avez maintenant toutes les clés en main pour évaluer si la production de granulés à la ferme a du sens pour votre exploitation. Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est une vraie opportunité pour ceux qui veulent reprendre la main sur leur alimentation animale. 🌾





